Interview : L’origine de son nom, influence, vidéos intimes sur le net….. Diaw Ketchup dans tous ses éclats !

Par Yacine DIEYE

De son vrai nom Alioune Diaw, « Jaaw ketchup » affole la toile de YouTube et ses internautes, avec ses vidéos à couper le souffle.  Grand passionné de foot, il a quitté les bancs en classe de Première (Lycée) pour se consacrer à l’humour. Invité de l’émission L’AS Culture du site L’Asnews, l’enfant de la Médina est revenu sur son enfance, ses études ou multiples actions dans le social ou encore ses ambitions politiques. Le célèbre influenceur en a profité pour annoncer ses futurs projets, mais surtout pour déplorer les abus sur le net, avec la publication des vidéos intimes qui secouent ces derniers temps la toile.

D’où vous vient le nom Diaw Ketchup ?

C’était  le nom de mon frère. C’était son pseudo sur le net. Comme vous le savez, on est tous passé par l’époque du « blow », changer nos noms sur les réseaux sociaux. Et lui, il avait choisi de prendre le nom de Diaw Ketchup. Je ne sais pas pourquoi il a choisi ça, mais en tout cas je me le suis approprié. Du coup, à l’époque, j’avais fait une vidéo et je n’avais nulle part où la poster, vu que je n’étais pas sur Facebook. Et vu que je n’étais pas trop intéressé par le net, j’ai utilisé son compte. A ma grande surprise, la vidéo a été appréciée par tous. Et depuis, j’ai gardé le nom, même s’il continue à me réclamer des droits d’auteur (rires).

Comment a été l’enfance de Diaw Ketchup ?

Diaw était quelqu’un  de timide à la maison, mais très perturbateur à l’école. Jusqu’à maintenant, ma famille ne peut pas concevoir que je sois humoriste, tellement que j’étais calme à la maison. J’étais un enfant poli, mais qui n’était pas trop intéressé par les études. J’étais un passionné du foot, bien vrai que j’étais un élève brillant. Mais je n’allais jamais aux cours à cause des entraînements. A cause du foot, j’ai donc arrêté les études. Mais je rends grâce à Dieu. Maintenant vu mon statut actuel, je ne me plains pas

En parlant de l’école, quel est votre niveau d’études ?

J’ai arrêté les études en classe de première. J’ai décidé d’arrêter depuis la classe de seconde pour me consacrer au football. Les études avaient un  impact sur mes entraînements, alors  que j’étais dans un  grand club. De ce fait, je ne pouvais pas rater les entraînements et m’entraîner tous les matins. J’étais dans une école où j’étais obligé de faire soit études-sport, soit de faire des cours du soir pour pouvoir m’entrainer les matins. Par la suite, je suis parti au CASE (Collège Africain Sports-Etudes). Mais je ne m’y sentais pas trop à l’aise. Du coup, je n’ai même pas pu signer car j’étudiais à CASE et je m’entrainais à l’ASC Jaraaf. Ne pouvant pas alterner les deux, j’ai dit à ma mère que j’allais arrêter pour me concentrer essentiellement au football.

Vous êtes aussi connu à travers votre humour et les vidéos que vous publiez. Pourquoi le choix de la comédie ?

J’ai commencé la comédie de façon naturelle. Je suis de nature très comédien. Même pendant les entraînements, c’est moi qui s’occupe de l’animation durant les échauffements, avec des blagues. Du coup, un jour, j’ai fait une vidéo qui, à ma grande surprise, était très partagée sur le net. Vu l’ampleur que ça a pris, j’ai décidé de publier des vidéos, d’en faire des chroniques. Mais surtout d’en faire mon  métier.

Si vous devez nous définir le statut d’influenceur, ce serait quoi  exactement?

Les influenceurs sont nombreux. C’est un mot introduit dans le Larousse, je crois depuis 2017. Mais c’est un mot ancien. Parce  que les Américains furent les premiers à utiliser ce mot, grâce à un chercheur qui, après des élections, avait fait son constat sur le fait qu’il avait  influencé beaucoup de personnes pour voter pour un certain candidat. Il y a différents types d’influenceurs. Il y a les supers stars du web comme « Diaw Ketchup », « Doudou fait des vidéos », les célébrités et même un client satisfait. Il y a aussi les micros influenceurs comme Cheikh Senghor et « Niang Kharagne Lo » qui ont leurs pages que pour de la publicité.

Ce n’est certainement pas facile de sortir une vidéo qui sera appréciée de tous. D’où est-ce que vous puisez votre inspiration ?

Je m’inspire naturellement. Quand il y a une actualité et que je sens que je me dois de faire une vidéo dessus, en chantant ou en faisant un court métrage, je le fais. Cela dépend juste de mes sensations. Et elles ne me trompent presque jamais.

Vous avez tendance à imiter des stars, des personnalités publiques. Subissez-vous parfois des menaces ?

Je dirai non parce que je pense que ce que je fais plait aux gens. Les personnes que j’indique également sont pour la plupart dans le milieu. Ils me comprennent. Donc, si quelqu’un venait vers moi et me disait que j’ai fait une telle ou telle chose, je l’accepterai. Par contre, ces accusations ne viendraient jamais de quelqu’un qui est du milieu. Sinon, je n’ai été agressé qu’une seule fois et c’était en 2018. Je ne sais pas qui l’a fait, bien vrai que j’ai porté plainte.

Avez-vous des activités en parallèle, en dehors de la comédie ?

Je fais beaucoup de social. Lorsque je ne suis pas en activité sur mes plateformes, je fais des activités sociales dans les mosquées, les « daaras » (écoles coraniques, ndlr). Cela se passe d’habitude par des journées de distribution.

Avec plus d’un million d’abonnés sur votre page Instagram, en plus des milliers d’abonnés sur votre chaîne Youtube, vos vidéos sont certainement rémunérées. Diaw Ketchup est-il riche ?

Bon je peux dire que je suis entre les deux. Je ne suis ni pauvre ni riche. Je peux dire que je suis sur la voie.

Selon vous, faudrait-il améliorer les politiques de gouvernance de l’économie numérique au Sénégal ?

Je pense  que toutes les politiques de gouvernance méritent une amélioration. Cela doit se faire dans tous les domaines. Chacun dans son domaine, doit faire de telle sorte à améliorer son secteur d’évolution pour aller de l’avant.

On  vous a récemment décerné le trophée meilleur « web comédien » de l’année 2020. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Je peux dire que ce n’était pas une chance, mais un mérite. C’est un mérite, accompagné d’un peu de chance. L’année dernière, on a tout fait. On s’était maquillés, on a tout fait pour satisfaire les gens, leur faire rire et leur faire oublier leur stress. Donc, ce trophée est en quelque sorte le fruit d’un long labeur. J’en suis très content et je  remercie tous les Sénégalais, car ce sont eux qui ont voté pour moi. On peut être nominé, mais ce qui accompagne cette nomination, ce sont les votes. Et les Sénégalais m’ont vraiment été d’un grand soutien pour cette réussite.

Que pensez-vous de l’utilisation abusive des réseaux sociaux par certains jeunes ?

C’est vrai que de nos jours, tout le monde s’approprie les réseaux sociaux. Mais je conseille la jeunesse à davantage faire preuve de prudence. Les réseaux sociaux sont bien beaux, mais n’empêche, chacun doit savoir les utiliser à bon escient. Je dis aux jeunes, surtout aux hommes, de se trouver un métier, car c’est très important. Les réseaux sociaux ne doivent servir que de passe-temps. Même nous qui nous disons « influenceurs », on ne focalise pas toute notre vie là-dessus.

Vous avez été un acteur de paix suite aux émeutes que le pays avait récemment connues. Est-ce que vous comptez un jour se lancer dans la politique ?

Je songe à la politique. Je crois que nul n’est apolitique. Le fait de donner son avis sur les faits de la société, est pour moi un acte politique. Elle fait partie de ce qui peut contribuer au développement d’un pays. Je ne me dis pas apolitique, car si toutefois je dois m’y lancer, je ne vais pas y réfléchir deux fois.

Quelle est votre relation avec les autres influenceurs et comédiens ?

J’ai des rapports paisibles avec eux. On s’entend très bien et je les encourage tous dans ce qu’ils font.

Que pensez-vous de ceux qui utilisent les vidéos privées des gens, leur faisant chanter, juste pour avoir une certaine notoriété ou détruire la vie d’une personne ? Quel message adressez-vous aux auteurs de ces actes?

C’est un phénomène qui commence à prendre de l’ampleur. Ces temps-ci, on constate que les victimes du net sont nombreuses. Je demande aux auteurs de se ressaisir parce que la vie est éphémère. Rien ne vaut la peine de détruire son semblable. Chacun de nous a son jardin secret. Donc, nous nous devons d’être responsables et arrêter ces choses-là.

Donc, êtes-vous d’accord avec le projet de régularisation de l’utilisation des réseaux sociaux pour que les auteurs de ces actes soient sanctionnés par la loi ?

Oui, je pense qu’il est temps de revoir l’utilisation des réseaux sociaux, car ils n’ont pas de limites. Il suffit d’avoir son téléphone pour avoir l’accès facile et publier comme on veut. Le problème n’est pas le réseau social en tant que tel, mais plutôt ce sont les mentalités qu’il faut changer. Toute publication mérite d’être vue et revue, avant d’être partagée. Le problème est donc humain. Il faut que les mentalités évoluent. Parce que nous devons faire attention à l’usage des réseaux sociaux. Il y a des choses, quand tu postes, cela ne va jamais s’effacer. Donc, il faut veiller à ce que nous publions sur les réseaux sociaux. Par exemple, à mes débuts, je prenais des musiques d’autrui pour en faire des parodies. Mais, en ce moment, lorsque tu touches à une chanson qui ne t’appartient pas, même si le propriétaire ne te l’a pas signalé, YouTube va s’en charger pour te rappeler les droits d’auteurs et autres. Donc, tu vas tout juste faire avec pour avoir des vues, mais ça ne rapporte pas d’argent. Et ce n’est pas cela notre but en tant que professionnels. Nous lançons un appel aux jeunes de veiller à ce qu’ils publient sur les réseaux sociaux.

Vous êtes suivi par des millions de Sénégalais. Qu’est-ce que cela fait d’être star ?

Je ne sais trop. Je ne suis pas une star (rires).

Quel souvenir vous a le plus marqué depuis que vous êtes devenu une célébrité?

Je pense que c’est lorsque je suis revenu avec mon Awards. Parce que je suis revenu, j’ai revu des gens que j’avais perdus de vue  depuis longtemps. Tout le quartier est sorti pour m’éclairer. Cela m’a beaucoup marqué dans ma carrière. La réussite d’un artiste, c’est cela aussi. Mais ce n’est pas uniquement avoir de l’argent. Il faut avoir d’abord une bonne carrière et l’argent viendra après, à force de persévérer.

Diaw n’est plus un cœur à prendre. Qu’est-ce que cela fait d’être marié ?

Cela te rend plus responsable. Cela va t’ouvrir les yeux et d’impulser une autre manière de voir les choses. Le milieu du show-biz, c’est un peu palpitant. Donc, si tu trouves ton âme sœur, il faut rapidement se caser.

Quelle est votre actualité, vos projets ? 

Nous travaillons sur beaucoup de projets actuellement. Mais je vais vous en dire un peu. Parce qu’aussi, je ne peux pas tout dire. Je travaille sur un album. Ce sera une première au Sénégal. Je te le dis parce que je ne veux pas que d’autres le fassent. Nous allons faire un album 100 % comédie musicale au Sénégal. Ce sera une première au Sénégal. Nous avons prévu de faire une tournée. Nous allons faire un show ici à Dakar. Ce sera au mois de décembre prochain. C’est ce que je peux dire pour le moment. Mais le sketch « Kiosque Jaaw » est aussi en cours. Il va y  avoir 20 épisodes au total.

Vous êtes à la tête du projet « Médina social ». Comment l’idée vous est venue ? Y a-t-il d’autres personnalités derrière le projet ?

C’est mon idée et  je l’ai conçue moi-même. D’ailleurs, je le faisais chaque mois de ramadan. Je faisais des journées de distributions de « Ndogou ». Je le faisais seul, mais cette année, je m’en suis ouvert à mes amis et à mon entourage. De ce fait, ils ont proposé qu’on monte une association. En ce moment, nous préparons un forum sur l’entreprenariat et l’emploi des jeunes qui va se tenir au mois de juin. Nous avons comme parrain Cheikh Ahmed Tidiane Ba. Après le forum, nous allons mener une campagne de parrainage. Il s’agit de parrainer des enfants démunis au niveau de la Médina. Donc, la campagne de parrainage et le secourisme vont se tenir au mois de juillet. Nous allons lancer un numéro. De ce fait, toutes les personnes qui ont des blessures ou des ordonnances vont appeler ce numéro. Ainsi, notre équipe d’assistance et de secourisme va se charger de leurs demandes. J’habite à la Médina, mais je ne veux pas que cela se limite là uniquement. C’est ouvert à tout le monde. Pourquoi ne pas monter des structures dans chaque quartier ? Par exemple, « Sacré-Cœur social », « Dieupeul Social » et ainsi de suite. J’invite toutes les personnes influentes à faire des gestes à l’endroit de leur communauté.

Quel message à l’endroit de la jeunesse, dans un contexte de manque d’emplois ?

J’appelle les jeunes à un changement de mentalité. Il faut chercher du travail. C’est très important. Il ne faut pas toujours attendre de l’Etat. Il faut que l’on soit focus sur nos ambitions et que l’on se fixe des objectifs. Et puis, on cherche à les atteindre.

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