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Impacte de la pandémie sur le Festigraff : Docta à cœur ouvert

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Par Sitapha BADJI

L’artiste graffeur, Amadou Lamine Ngom alias Docta de Doxandem Squat est revenu dans le détail sur l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les cultures urbaines notamment le report de la 11e édition du Festigraff. Un rendez-vous international de Graffiti qui devait tenir sa 11e édition, qui a encore été suspendue cette année à cause de la flambée des cas, de la troisième vague de Covid-19. Le pionnier de cet art «mural» explique cette deuxième fausse note, entre autre, par la résurgence de la variante Delta.

Qui est Docta ?

Je m’appelle Docta, artiste graffeur, président de la première structure de graffiti en Afrique dénommée Doxandem Squat, qui organise depuis 11, 12 ans normalement je devrais dire, le premier festival international de Graffiti en Afrique.  Une activité qui réunit l’Afrique, la diaspora et le reste du monde. Et d’autres événements, entre autres, Graffi-santé, Passerelles avec toute l’équipe de Doxandem Squat.

Vous êtes un des pionniers de cette sous discipline du Hip-hop. Comment se porte le graffiti au Sénégal ?

Plus que mieux ! Pourquoi je dis cela, c’est parce qu’on essaie de développer tant soit peu notre art, le faire respecter et connaitre. On arrive à collaborer avec des structures nationales comme internationales à promouvoir notre art et ne pas la prostituée comme on dit.

On sensibilise également les populations avec nos moyens sur toutes les questions qui tournes autour du quotidien et impact la vie des citoyens que ce soit, la sécurité, la santé, l’éducation, le quotidien sociale. Le graffiti, on n’arrête pas de se positionner, malgré les difficultés on tient et booste, parce que le Hip hop nous a appris à être des Self made men. Le graffiti Sénégalais voir africain  s’impose, chacun dans son milieu naturel à travers ses réalités socio-politique s’impose pour pouvoir se développer.

Votre mode d’expression, le graffiti est essentiellement mural. Comment est-ce que les populations perçoivent votre art ?

Nous faisons partie d’une communauté, et quand tu as une certaine mode d’expression, tu dois le mettre au service de la population. Pour moi, le Hip hop c’est à la base un mouvement qui touche les populations à travers ses différentes formes d’expressions.  Le graffiti étant l’un des éléments premières du Hip hop, tout ce qu’on dit, l’engagement que nous avons contrairement à l’Occident, ils (les artistes occidentaux) sont dans l’ego centrisme et c’est pas mal, parce que chaque pays a ses réalités socio-politiques. Et nous (graffeurs africains) nos réalités sont autres. C’est ce qui explique le fait que toutes nos œuvres, nos messages sur les murs relatent le quotidien des populations, ce qui fait qu’on est bien reçu et  respecter de même que nos œuvres en particulier. Arriver à un moment dans l’évolution de ce qu’on fait, ça impact positivement sur la vie des populations.

Présentement le quotidien des populations c’est la pandémie de Covid-19 dont la troisième vague a motivé la suspension des activités culturelles  notamment le Festigraff. Qu’elle commentaire faites-vous par rapport à cette réalité ? 

Dès le début de la pandémie (3 mars 2020), quand ça a pris une certaine ampleur ;  on a pris notre responsabilité et commencé à sensibiliser avec des fresques murales, tous les graffeurs confondus. On a même insisté au prêt d’autres graffeurs africains pour qu’ils fassent pareil. En disant Stop à cette pandémie, en respectant les mesures barrières édictées par les services sanitaires. Ce qui a fait qu’on n’a reporté la 11e édition du Festigraff l’année dernière. On a voulu tenir cette 11e édition en 2021 pour rester dans la lignée des éditions et les innovations qui vont avec. Le fait est qu’on devait recevoir des artistes venant de l’international, mais on a finalement créé une plateforme de graffiti virtuelle pour permettre à ces artistes de participer mais en virtuelle, ce qui fait qu’ils n’étaient pas présent physiquement, cependant ils n’étaient pas loin.    

Cette année on a dit stop à un certain moment parce que la pandémie a atteint un pic. On a eu à parler avec des autorités sanitaires qui nous ont informés sur la réalité de cette évolution de la maladie.  On s’était déjà installer pour le lancement du festival (Ndlr : la 11e édition qui était prévue du 27 au 31 juillet dernier), mais on a pris nos responsabilités en étant sénégalais, faisant partie du pays et pour ne pas lutter contre cette pandémie dès le début et par la suite mettre une activité qui peut favoriser la propagation de la maladie, ce ne serait pas responsable de notre part. Toute l’équipe de Doxandem Squat on s’est dit qu’on va suspendre le festival tout en gardant le coté virtuel. Des amis qui sont à l’international dans une quinzaine de pays sont en train de le faire des fresques, qu’ils diffusent sur le net. Mais on a pris la responsabilité d’annuler l’événement pour respecter les consignes données par les autorités et participer en tant que citoyens à arrêter le Covid-19. Et on va garder l’esprit jusqu’à ce que l’autorité lève la suspension des activités afin de formuler autrement le festival.

Le festival est suspendu certes, mais virtuellement  les activités sont en train d’être menées sur la toile. Est-ce une façon de s’adapter à la nouvelle donne?   

Des activités sont menées bien avant même la résurgence des cas de Covid-19. Parce que notre partenaire l’ambassade du Canada qui nous a permis de travailler avec des artistes, canadiens entre Ottawa et Mont Réal, ont déjà fait leurs fresques et vidéos qui sont diffusés sur nos plateformes. A Lion des amis graffeurs, Bandit et d’autres ont fait leurs vidéos et fresques dédiés. C’est comme ça que cela va se passer en Angleterre, aux Etats Unis, Bénin, Togo, Brésil en Russie, on est en train de voir avec nos amis de la Chine, au Maroc pour ne citer que cela, qui sont en train de nous envoyer leur travail. 

Parmi les innovations de cette année, on a créé un Ebook qui contient tout le boulot qu’on  aura à faire. Il y a également, le concours de graffiti qu’on devait lancer à travers cette édition. On va attendre jusqu’à ce que le niveau de propagation de cette maladie ce tasse pour redémarrer les activités en présence physique, notamment, le Djing, les panels sur l’entrepreneuriat de la jeunesse à travers le IJCC (International Journal of Cloud Computing) et leur impact sur l’environnement de l’économie virtuelle, la consommation locale et la qualité qui doit être prémunie, et la présélection du concours de graffiti. Mais pour le moment, c’est le côté virtuel qui est en train de se poursuivre.

Qu’elle est le message personnel que Docta veut lancer à la population 

La population doit prendre ses responsabilités en respectant les mesures barrières parce qu’en se protégeant avec le port du masque, le lavage des mains et autres c’est également protéger l’autre. C’est très important que les populations comprennent cela. Oui pour le travail, mais si l’activité nuit à l’existence de la population sénégalaise, il faut l’arrêter. Que la population, je le répète prenne leur responsabilité et soit leur propre autorités. Arrêtons certains comportements qui favorisent l’installation de la maladie qui est en train de faire des ravages. Respectons les mesures barrières indiquées par les autorités sanitaires. Quand ces derniers sont en danger nous également nous le sommes. Pour les aidés, il faut qu’on respecte les mesures barrières et qu’on se protège.

Sitapha BADJI

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