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Vidéo-Portrait : Dame Mbodj “Sergent le fou”, l’itinéraire d’un révolutionnaire !

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Il est devenu incontournable dans le milieu syndicale de l’enseignement au Sénégal. Dame Mbodj « Sergent le fou » pour certains, a fait un chemin pour se faire une identité. Le Secrétaire général du Cusems Authentique, a reçu notre équipe dans ses bureaux à Pikine pour nous retracer son « Parcours », dans cette émission diffusée sur la chaîne YouTube de L’Asnews. 

Dans ce numéro, l’enfant chéri de Guéoul est revenu sur son enfance, ses études,  ses premiers pas dans le syndicalisme, mais également ses succès en tant que syndicaliste. L’auteur de “Layam layami” est également revenu ses talents de footballeur et d’arbitre, sans oublier son implication récente dans des questions relatives à la politique. Né à Ngouma-Guéoul dans le département de  Kébémer, région de Louga, Dame Mbodj est issue d’une famille modeste. D’un père cultivateur et d’une mère ménagère, le teigneux secrétaire général du Cusems Authentique, connu sous le pseudonyme de « Sergent le fou », a néanmoins reçu une  bonne éducation qui lui a permis aujourd’hui de se hisser à son rang.

Et cette réussite, il le doit à un père qui n’hésitait pas à brandir le bâton quand il fallait le faire. Confortablement installé devant son bureau, vêtu d’un costume noir, assorti d’une chemise blanche, M. Mbodj a échangé avec notre équipe pendant un tour d’horloge sur son vécu. Il faut rappeler que le natif de Kébémer est devenu célèbre depuis la signature du protocole d’accord entre le gouvernement et le Grand cadre. Mais selon lui, ses combats contre l’injustice ont commencé depuis le collège. Mieux, il dit l’avoir hérité de son père. Dès le bas âge, cet ancien de l’école élémentaire de Guéoul dans le département de Kébémer a commencé à arborer la casquette de révolutionnaire. Cependant, malgré son côté rebelle, Dame fut un brillant élève, puisqu’il confie ne jamais être sorti des cinq premiers durant son cursus élémentaire, secondaire et même terminal. « Je ne me souviens pas avoir repris une classe durant tout mon cursus scolaire. J’ai toujours été parmi les cinq meilleurs élèves des classes que j’ai eu à fréquenter », se vante t-il. Quid de sa réputation de tête brûlée ? Souvent traité de tête brulée surtout dans le milieu syndical, Dame Mbodj a eu cette réputation depuis les débuts de son cursus secondaire à Kébémer.

Le natif de Guéoul (Louga) se distingue comme meneur de grève dès la classe de 5e au collège Macodou Kangué Sall de Kébémer où il a été orienté après un brillant parcours à l’élémentaire. C’est ici que le révolutionnaire qui sommeillait en lui, va se réveiller. D’ailleurs c’est là où le pseudonyme de « Sergent le fou », est né. « Je me rappelle avoir dirigé ma première grève en classe de 5ème, ce, pour exiger la construction de nouvelles salles de classe. Cette grève avait paralysé tout le système éducatif de Kébémer. J’avais demandé qu’on fasse sortir tous les élèves de la ville. Finalement les choses ont viré à de rudes affrontements avec les gendarmes. Il y a eu ainsi plusieurs blessés.

Après avoir mesuré l’ampleur de la situation je suis parti me cacher pour échapper aux limiers qui me recherchaient activement. J’avais trouvé refuge dans une maison très enclavée. J’étais grièvement blessé à la tête. Finalement je suis sorti de ma cachette après intervention du préfet. Ce dernier nous avait conviés à des négociations pour mettre fin à ce mouvement d’humeur », confie, t-il. « Avant que les discussions ne commencent, le Principal du Cem, voulant mettre fin à ce mouvement d’humeur, avait demandé au chef de l’exécutif départemental que Dame Mbodj ne prenne pas la parole. ‘’C’est Sergent le fou’’ (Sergent Keïta ou Sarzan le fou, personnage des contes d’Amadou Koumba de Birago Diop, Ndl). Il risque de tout gâcher. Ses camarades appliquent à la lettre ses consignes», narre son demi-frère et camarade de classe Moussa Mbodj dans un article que l’Observateur avait consacré à Dame Mbodj en 2015. « C’est ainsi que j’ai eu ce surnom », confie-il, avec un large sourire.S’autoproclamant comme « un éternel » militant contre l’injustice, Dame Mbodj va poursuivre ses activités favorites, au lycée Malick Sall de Louga, où il a été orienté après le Bfem en 1989.

Le baccalauréat série littéraire en poche, entre 1992 et 1993, l’enfant chéri de Guéoul, sera orienté à l’université Gaston Berger de Saint- Louis au département d’anglais. C’est ici que son instinct pour le syndicalisme s’est réellement réveillé. « Quand je suis arrivé, j’ai trouvé certains nouveaux bacheliers dans une situation très difficile. Ils prenaient un repas par jour à cause du retard dans le  paiement des brousses. J’ai ainsi décidé de rassembler mes troupes pour improviser une grève.  Le mot d’ordre était qu’à 19H30 que tous les nouveaux étudiants  viennent  au resto sans ticket. Nous allons manger gratuitement. Le lendemain, nous avions tous reçu des tickets de restauration de la part du directeur du Crous, en attendant le payement des bourses », narre, t-il. Suite à cet exploit, Dame Mbodj a été désigné porte-parole  de ses camarades étudiants au niveau de l’assemblée de l’université. Étudiant studieux, il obtient sa maîtrise au bout de quatre années. La même année, il réussit au concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure.  Affecté à Oussouye à l’issue de sa  formation, ce pur produit du mouvement associatif, y a passé quelques années, avant de venir à Dakar au lycée Limamoulaye de Guédiawaye. « Sur le plan syndical, il  fait partie des membres fondateurs du Saems, syndicat où il a eu à occuper le poste de chargé des revendications. Quand Mbaye Fall Lèye, alors Sg du Saems, a été coopté au sein du conseil économique et social, Dame Mbodj et des amis mettent en place le Cusems.

Au sein de ce nouveau syndicat, il se chargera encore de porter les revendications de ses camarades. En 2013 lors du congrès du Cusems qui consacre le départ de son Sg, Mamadou Mbodj, Dame Mbodj et Abdoulaye Ndoye, qui ne pouvaient pas s’entendre, ont chacun pris une entité du syndicat ».Comme tous jeunes de son âge, Dame Mbodj a  évolué dans le mouvement navétane. «  J’occupais le poste de  latéral gauche dans mon équipe. Toutefois il faut savoir que je n’étais pas un excellent joueur. Tout ce que je savais faire, c’était des tacles. ». On lui connaît également des talents d’arbitre, mais notre interlocuteur n’a pas voulu se prêter au débat, car cela lui rappelle la tragique perte d’un de ses amis. Par contre, il a bien voulu nous confier qu’il était un grand fumeur. « Oui je fumais.

Par contre je n’ai jamais bu d’alcool. Mais quand à l’université je pouvais fumer un paquet entier de cigarette la nuit. D’ailleurs pour la petite histoire j’ai appris à fumer chez mon maître de Cem2, qui me confiait les clés de sa chambre en partant en weekend à Louga. J’avais un accès à sa chambre et j’y trouvais tout le temps des mégots de cigarette que je m’amusais à fumer. Parfois même je trouvais de gros mégots et je me faisais un plaisir de tous les griller », dit-il.Au-delà du football et de l’arbitrage, le Sg de Cusems Authentique est connu grâce à son sens de l’humour et son franc parlé.Sur les plateaux télé, il réussit toujours à faire capituler ses interlocuteurs. Surtout avec l’affaire « Adji Sarr/ Sonko), où il  a décidé, de manière « désintéressée », d’enfiler la robe d’avocat pour la défense d’Ousmane Sonko. Ce dernier est, selon lui, victime d’une « injustice” de la part du régime en place.  Et s’il y a une chose que je n’aime pas c’est l’injustice. C’est ce qui m’a poussé à défendre Sonko, mais pas parce que je suis un de ses partisans. Je n’ai même pas d’ambitions politiques. Mais je pense avoir la liberté de m’exprimer sur les débats politiques, économiques et sociaux. Je ne suis pas avec Ousmane Sonko. J’ai juste analysé la situation et pris une position», dit-il. Pour rappel, son implication dans cette affaire lui a valu une garde à vue de 24h. Mais comme le dit l’adage, à quelque chose malheur est bon. Depuis ces évènements de mars il ne cesse de jouir de la sympathie et de l’admiration des Sénégalais. D’ailleurs il en a profité pour inventer son propre vocabulaire « Layaam Layaami, lefeur lefeurii, », que les Sénégalais s’amusent à répéter dans des débats

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