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Culture: A la rencontre de Junior Lawson, la nouvelle voix de la musique sénégalaise !

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Par Yacine DIEYE

Junior Lawson comme à se faire un nom dans la musique sénégalaise. Né à Grand Yoff, ce jeune sénégalais d’origine togolaise a entamé une carrière plus que prometteuse. Chanteur, musicien et compositeur, il trace lentement, mais sûrement son chemin. Invité de l’émission L’As culture de la chaîne YouTube du site L’Asnews, il est revenu sur sa trajectoire.  Son passage à la première édition de « The Voice Afrique Francophone », ses relations avec l’artiste Didi (avec qui il a fait un featuring), le mannequinat ou encore le cinéma sénégalais dans lequel il évolue, Junior Lawson nous ouvre son jardin secret.

Qui est Junior Lawson. Parlez-nous de votre enfance 

Mon enfance, c’est comme celle de tout africain. Je suis né au Sénégal et j’ai grandi là. Je suis passé par diverses écoles comme le collège Sacré-Cœur, Notre Dame du Liban et Madiéye Sall.

La musique, un art qui vous passionne. A quel moment l’avez-vous commencé ?

Ce n’est pas que ça me passionne, mais c’est venu en moi. Et je ne peux pas dire que j’ai choisi d’être musicien. Parce que depuis toujours, je ne pense pas avoir été intéressé par la musique. Mais, c’est venu dans ma vie à un moment où j’avais besoin de quelque chose. Et ça a commencé à entrer, j’ai laissé tomber quand j’étais un peu plus jeune. Après, on m’a offert une guitare. Et c’est en ce même que j’ai commencé à m’amuser avec et je me suis intéressé petit à petit. J’ai découvert que voilà, ça passe bien, les gens aimaient bien ce que je faisais. Et un bon matin, quand je me suis vraiment lancé dedans, j’ai découvert que j’arrivais à m’exprimer. J’arrive à parler, à dire les choses et que ça touchait les gens, car ils comprenaient. A la différence de quand je parle par exemple et qu’il y a beaucoup d’ambiguïté, parce que j’étais quelqu’un de trop introverti en vrai, très ouvert par la nature, mais en ce qui me concerne personnellement, la vie.  Je n’ai jamais appris la musique en vrai. Quand j’étais plus jeune, on était à l’église protestante de Dieuppeul. Et on faisait de petits chants de chorale etc. Les gens l’apprécient toujours. Vous savez, quand tu as 6 ou 7 ans, ce n’est pas grand-chose. Ce n’est pas un compliment qui peut te faire quelque chose comme aujourd’hui.

La chanson « Sans Yaw » de Sir Malick vous a révélé au grand public. Pourquoi avoir choisi ce morceau pour en faire un cover ?

J’ai eu à chanter beaucoup de choses avant cette chanson. Mais quand même au Sénégal, on va dire que c’est quelque chose qui a attiré l’attention, parce que même Sir a beaucoup apprécié la chanson en elle-même. Le choix est simple. Si tu vois dans mon discours, je suis très attrait à tout ce qui est noir. De mon point de vue, on ne défend pas assez les couleurs de ce qu’on a de merveilleux. C’est une chanson qui, aux premiers accords, sincèrement, c’est le tube. Il n y a rien à dire pour que je sors au Sénégal des morceaux de ce niveau, c’est très difficile. Au lieu de faire 1cover de Tayc ou encore je ne sais qui dans le monde, je préfère d’abord en faire au Sénégal quelque chose qui devrait motiver les jeunes qui veulent faire de la musique. Reprenons du Youssou Ndour, Omar Pène, des morceaux qui nous ressemblent ou même du Duggy TEE, les rappeurs sont là. Sir a été le premier à avoir commenté cette chanson sur ma page Youtube. Et c’est quelque chose qui me touche vraiment.

Vous avez également sorti un son « Va » qui relate une histoire d’amour entre deux jeunes amoureux mais qui se terminera tragiquement par un accident de voiture. D’où vous est venue l’inspiration ?

A vrai dire, je ne peux pas vraiment dire l’origine de cette inspiration. Elle est venue d’un constat, d’une réflexion. Je travaillais sur mon album « face love » et j’y ai parlé de différents types d’amour. Et je me suis dit que les gens parlent d’amour et vivent des choses. Mais qu’est-ce que ça fait de savoir que c’est vraiment l’amour de sa vie ? Et qu’est-ce que ça fait à une personne, s’il arrive à la perdre ou à faillir la perdre. Qu’est-ce qu’on ressent en soi ? Est-ce que quelqu’un dans le monde a forcément vécu quelque chose comme ça ? Et est-ce qu’on en parle ? Si c’est la vie qui te la prend, comment vas- tu vas réagir ? Est-ce que tu es la même personne ? Ce sont des questions que je me suis posé en vain. Et j’avoue que je n’ai pas la réponse. Et c’est pourquoi j’ai chanté cette chanson. Et j’avoue que j’ai eu beaucoup de retours, surtout des femmes. Elles sont toutes perturbées par la fin et s’impatientent pour la suite, qui bien sûr aura lieu. Je vous laisse la surprise parce que c’est du lourd.

Quel est votre secret pour cette belle voix ? Faites-vous des exercices ?

Pour la voix, je dois avouer qu’il n y a pas de secret. Il faut travailler tous les jours. Je me rappelle que beaucoup de gens se moquaient de moi quand je commençais vraiment la musique. J’avais une manière atypique de travailler à la maison. Il y avait l’école et il fallait tout le temps être au studio. Donc, je n’avais pas l’occasion de bosser à la maison. Du coup, j’amenais ma guitare à l’école et je la cachais chez le surveillant. Et quand je rentrais le soir, je la prenais et passais dans les ruelles où il y avait beaucoup moins de monde et je jouais avec. Cela me permettait de dégager et de gagner en puissance vocale indirectement. Et c’est ce qui faisait que je respectais les règles à la maison et je pouvais en même temps faire ce qui me passionnait.

Vos parents vous ont-ils toujours encouragé à faire de la musique ?

(Rires). Là je vais être honnête. Non, c’est le contraire. Je dois avouer qu’ils ont tout fait pour me décourager de la musique. Je ne vais pas le cacher. C’est normal car à l’époque, j’étais un jeune homme assez actif. Et pour les parents, tu es un enfant turbulent. Donc, ils ont pris les choses au sérieux quand j’ai réussi à me qualifier pour la première édition du concours « The Voice  Afrique Francophone». Et quand j’y suis allé, je n’ai pas été très loin bien sûr parce qu’à l’époque, je manquais d’expérience. Mais je dois avouer que ça a été un déclic. Ils ont vu que j’étais vraiment allé jusqu’au bout et poursuivre mon choix.

Si vous deviez définir votre genre musical, ce serait quoi ?

 Ça n’a pas de nom encore vraiment. Parce qu’il y a de la pop, il y a du reggae et  beaucoup de choses. Et pour moi, dans la musique, dire que je fais du reggae ou du « Mbalax » tout simplement, c’est limiter sa créativité elle-même. Et la musique est tellement vaste que pour moi,  on doit être capable de faire le plus de genres possibles. C’est pour cela que j’appelle ça « free-mind music », c’est-à-dire cette musique qui nous vient de l’esprit. Dès que je sens que je veux faire du « mbalax », croyez-moi sur parole, vous allez danser à fond.

Vous avez fait un featuring  avec Diaw Diop dit Didi, un mbalaxman. Qu’est ce qui explique ce choix ?

Le premier choix, c’est que c’est un ami, une personne qui m’a longtemps soutenu dans l’ombre à l’époque. Je suis réellement venu sur la scène musicale sénégalaise il y a peu, on va dire. Mais je suis dans le « game » depuis un peu plus longtemps que ça. Mais avec les études et tout ce qu’il fallait, ça n’a pas été ça. Dans ce cas précis, c’est l’une des rares personnes qui m’a toujours soutenu dans mes choix de la musique. Et il me donnait des conseils, même quand il s’agissait d’arranger certains morceaux. Il n’a pas hésité une seule fois. C’est un excellent musicien, l’un des rares musiciens qui attirent vraiment mon attention en termes de musique ici au Sénégal. En dehors qu’il fasse le « mbalax » et tout ce qu’on peut voir, il a une palette de possibilités extrêmement large. J’avoue que si j’avais pris une autre personne sur ce morceau, ça m’étonnerait que cela ait pu donner cette alchimie. Donc, il fallait qu’on soit complice et qu’il soit aussi très talentueux. Et ça a donné ce résultat magnifique là.

Parlez-nous de votre album Face love. Où en-est-il ?

Je dois avouer que les gens au Sénégal n’étaient pas prêts pour « Face Love ». Mon équipe et moi trouvions qu’on avait mis la charrue avant les bœufs. Parce que quand tu écoutes « Va » et que tu écoutes « Alouette », il y a une dimension qui les sépare. C’est -à -dire que « Va » va dans la grande musique beaucoup plus soutenue, beaucoup plus verrouillée. Par contre, Alouette va plus dans une dynamique beaucoup plus commerciale et beaucoup plus commune à tout le monde. Si j’avais sorti Face Love en ce moment, je ne pense pas qu’il y aurait assez d’oreilles pour écouter. Et ce serait vraiment dommage de ne pas donner la chance à cet album. Par contre, je vais sortir d’abord un album qui s’appelle « Cocktail » dans lequel Alouette est le premier son que vous avez entendu. Mais il y en a d’autres qui arrivent bientôt.

« Face Love », « V »a, « Alouette », tous relatifs à l’amour. Est-ce votre seul style musical?

Non (rires). J’apporte d’autres thématiques en termes de musique. Mais je dois avouer que ce que mon équipe a pour l’instant validé en termes de sortie, c’est celles-là. C’est vrai que mes chansons d’amour ont tendance à plus bercer ou enjoliver les gens. Donc, c’est plus tendance à être plus commercial on va dire. Mais dans l’album Cocktail par exemple, il y a toute une diversité de musiques et toute une diversité de thématiques. Je pense qu’il n y a que deux chansons d’amour dedans. Le reste, ce sont des sujets bien pointilleux qui, à travers lesquels, je pense beaucoup de gens se reconnaîtront.

Vous êtes chanteur certes, mais est-ce que vous dansez aussi ?

A cause de mon style, les gens me confondent avec un danseur. Mais ce n’est pas du tout le cas. Bon, je faisais de la danse à l’époque quand j’étais au collège. Après, même à l’université, j’ai eu à faire des chorégraphies avec des jeunes. J’adore la danse et tout ce qui est « Kizomba » et la danse de salons. Mais avec la musique, je suis obligé de m’adapter à tout. Donc, ne vous étonnez pas si vous me voyez faire des mouvements compliqués sur les clips et autres (rires).

On voit que vous êtes également modèle photo. Comment faites-vous pour jongler entre la musique et le milieu du mannequinat ?

Mon programme est tellement carré que j’ai par moment des problèmes pour voir ma maman. C’est un jeu de rôle on peut dire. Et il faut s’y adapter. Il faut une très bonne organisation et être entouré de personnes de confiance. Je rends grâce d’avoir une équipe vraiment qui me soutient et qui se donne à fond. Y en a beaucoup qui ont laissé tout ce qu’ils faisaient pour uniquement se concentrer sur ça. Par exemple, dans quelques jours, je serai à Fatick. Avant ça, j’étais à Saint Louis etc. C’est-à-dire que ce n’est pas que Dakar. Il y a toute l’étendue du Sénégal qui doit savoir qui Junior et profiter de ce que Junior a à proposer. Je fais des tournées, que ce soit dans le domaine musical, du cinéma ou du mannequinat, modèle photo ou shooting pour les marques, je n’hésite pas. Que ça soit vestimentaire et autre, tout est bon à prendre parce que c’est le monde de l’art. On propose sa musique, son personnage, son idéologie. Et je pense que ça correspond à tout ce que je fais. Et je ne m’ennuie pas.

Avez-vous d’autres activités en parallèle avec le monde du showbiz ?

Je pense que le monde est régi de telle sorte à ce qu’on a besoin des hommes à douze métiers. C’est-à-dire comme je le disais plutôt, je fais de la musique et je fais du mannequinat photo. Mais tout ça, c’est dans le même secteur. Pourquoi ne pas diversifier les secteurs ? Parce que j’ai étudié, j’ai aujourd’hui un master 2 en administration des affaires. Donc, je n’ai pas étudié pour rien. Il faut que je fasse quelque chose. Du coup, j’ai un petit business de salon de coiffure, tout ce qui est “locx”, “nappy” et naturel. Parce que moi, je valorise tout ce qui est noir et c’est mon combat. L’Afrique a besoin de retrouver ses valeurs. Et les cheveux faisaient partie des choses qui étaient très importantes pour l’identité noire. Et je me tourne vers ça pour donner un coup de pousse et donner la chance à nos frères et sœurs qui veulent retourner vers cette identité et s’y retrouver. On a travaillé trois ans pour cette marque efficace pour les pousses de barbe etc.

Quels sont vos rapports avec les autres artistes sénégalais ?

Bon, on a de bons rapports, de manière générale. Quand je dis de manière générale, ce n’est pas que je n’en connais pas beaucoup. Mais je les apprécie à distance. Par exemple, je connais OMG, Diaw Diop, Boubacar Diallo, Xuman aussi j’ai été chez lui dans son studio. C’est un grand frère et il me donne des conseils, n’hésitez pas à aller le voir. Ce sont des personnes qui m’aident beaucoup. Ils approuvent ma musique, même si elle est très différente. Et ils m’encouragent. Ils aiment bien ce genre de choses.  Ils espèrent qu’à travers moi, les jeunes vont prendre ce style là ou bien que ça puisse se développer, donner un souffle à la musique sénégalaise elle-même. 

En parlant justement de musique sénégalaise, comment la trouvez-vous ?

Sincèrement, je trouve que c’est un peu triste, ça m’attriste moi personnellement. Aujourd’hui quand on voit la musique au Sénégal, c’est plus une grosse comédie. Excusez-moi du terme, mais c’est une grosse comédie car les gens ne sont plus axés sur la musique, mais sur l’effet de la musique. Les gens ont inversé le rôle de la musique dans la vie de tous les jours. Et je peux dire aussi que les médias, excusez-moi aussi, y contribuent. Tout simplement parce qu’on ne cherche pas à communiquer sur cette culture qui a tendance à disparaître. C’est vrai il a eu le « Mbalax » avec nos pères comme Omar Pène, Youssou Ndour ou Ismael Lo par exemple. Les gens écoutent toujours leurs morceaux. Et combien de musiciens sénégalais sont passés et qui n’ont pas laissé cette empreinte parce qu’ils cherchent à amuser la galerie, plutôt que de faire la vraie musique. Et c’est triste. Pourtant, on peut faire les deux. On peut faire de la super bonne musique, tout en amusant la galerie. Faire un peu les deux et laisser quelque chose à cette génération qui va venir après nous. Sinon, qu’est-ce qu’on leur laisse ? La musique, c’est une grosse comédie. Il faut juste blaguer, parler de fesse,  parler de ‘’tu es mon ennemi ‘’. Au fait, ça ne tourne qu’autour de ça. Et c’est pour ça que je parle beaucoup d’amour, car je trouve que les gens montrent qu’on ne s’aime pas assez. Et c’est ça qui est dommage. Je pense que la musique au Sénégal, avec tout le talent et le potentiel, on n’a de grands réalisateurs, de grands ”beatmakers”. Et dans la sous région, les gens en parlent. Je me rappelle quand j’étais à Lomé, les gens me disaient que si on avait la chance d’avoir les voix que les sénégalais ont, on ferait des choses extraordinaires. Et crois-moi, au Sénégal, on a des voix atypiques, uniques. Des voix mélangées dans des styles de recherche, réellement .On a quelque chose, mais on ne vous parle de la valoriser au détriment du buzz. Et c’est triste, vraiment triste. Voilà mon opinion.

 Comment trouvez-vous cette concurrence entre musiciens ?

Oui c’est normal, ça devrait exister cette concurrence. Moi je suis un grand challenger.  Ça veut dire que si tu viens me trouver sur mon son, soit prêt car je ne vais pas te faire de cadeau, sincèrement. Dès l’instant tu me dis de la musique, c’est quelque chose de sérieux pour moi. Pour d’autres, c’est un jeu ou c’est la belle voix. Mais pour nous musiciens, c’est un travail. J’utilise ma voix pour communiquer avec le public. Si jamais il n’y a pas de concurrence, il n’y a pas d’évolution. Donc, il faut qu’on se mesure et qu’on se donne des petits pics là pour que ça soit « nekh » quoi. Mais ça reste vraiment dans le cadre professionnel.

Vu que vous êtes assez sentimental, avez-vous une fois utilisé la musique pour séduire une femme ?

Je dois avouer un truc. J’ai très longtemps été complexé de ma voix car je ne la trouvais pas bien. Peut-être que je suis trop perfectionniste. Mais j’ai longtemps été complexé par ma voix. C’est la dernière chose que je mettais en évidence. Même s’il y a des gens qui sont autour de moi actuellement et qui ne savent pas que je suis musicien. Et ça m’arrange des fois parce que je profite de ce moment pour savoir qui sont les vrais. Ceux qui t’apprécient pour ta personne seulement et non pour ce que tu vas leur rapporter ou cette compagnie qui va leur donner une source de visibilité qui selon moi, ne sert pas à grand chose, à part juste travailler. Ce n’est pas une forme d’égo d’être musicien. Au contraire, c’est une chance. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir le courage de se présenter devant la télé. Les meilleurs chanteurs sont anonymes. Ils sont chez eux en train de chanter, de tourner la cuillère ou bien de travailler le maçon quelque part. Mais nous, nous avons  la chance d’être présent.  Ce n’est pas un outil pour mélanger les gens. Au contraire, c’est pour leur apporter quelque chose. Et si ça va dans ce sens, c’est parce que tu n’as rien compris et que tu ne vas pas y durer.

Je vois aussi que vous êtes acteur dans des séries de chez nous. Comment trouvez-vous le monde  du cinéma au Sénégal ?

 Je trouve d’abord que tout le monde veut être acteur ici au Sénégal. Je ne sais pas pourquoi, peut-être c’est parce que c’est une tendance. Mais dans le monde du cinéma au Sénégal, il y a beaucoup de pollution. Les gens ne vont pas pour les bonnes raisons. Il faut savoir pourquoi on rentre dans un domaine ou pas. Mais en dehors de ça, concernant le domaine cinématographique du Sénégal, je pense qu’on tourne autour de la même chose tout le temps. Des même thèmes et ce, depuis mathusalem. C’est toujours la même chose. Ce qui est normal, car il y a beaucoup de restrictions culturelles au Sénégal. Je ne veux pas cibler certaines personnes. Mais c’est ce qui fait que ça a créé un frein. Et quand on va déjà travailler dans un domaine et qu’on sait déjà qu’on ne peut pas dépasser certaines choses, on ne fait que tourner en rond. Et ça ne profite pas au Sénégal. Aujourd’hui, le Sénégal est un point, une plaque incontournable du cinéma africain. Pourtant, ça fait trois ou quatre années seulement par rapport au cinéma nigérian ou au cinéma sud-africain qui est à un tout autre niveau. Mais on se rapproche d’eux, on commence à être nominé, nos réalisateurs commencent à être nominés. Donc, pourquoi pas laisser la chance aux jeunes de s’exprimer et s’asseoir autour d’une table, discuter avec les réalisateurs sur le monde du show pour comprendre quelles sont les intentions réelles et les laisser aller jusqu’au bout pour éviter de détourner les mentalités de la jeunesse . Ou bien même les parents doivent faire leur propre boulot, c’est-à-dire serrer le boulon au niveau de télé, car ce n’est pas à l’Etat ou aux acteurs de vérifier que les jeunes doivent avoir un bon comportement. Pour moi, le cinéma a encore beaucoup de freins. Je me rappelle dans l’une des séries dans laquelle j’ai tourné, à peine que la bande-annonce soit sortie, jusqu’ aux Etats-Unis, les gens m’ont appelé et me demandaient quand est-ce que ça allait sortir. Ce qui montre que les gens ont commencé à laisser les télénovelas pour aller vers nos séries. On aura un cinéma magnifique au Sénégal parce qu’on a de grands talents ici.

Quel serait votre dernier mot ?

Je dis merci à tous ceux qui me soutiennent depuis le début. Cela fait longtemps, mais ils sont là et ils ne lâchent pas. Je suis très honoré et je rends vraiment grâce de les avoir dans ma vie. Et je fais aussi big up à tous ces fans qui me suivent sur YouTube, sur Facebook qui m’écrivent. Je vois tous les messages et les félicitations par rapport à ce travail avec Diaw Diop. Je leur dis de me suivre et de continuer de partager, car des choses se préparent très prochainement.

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