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Alioune Tine : “Il y avait une véritable rupture entre le pouvoir et la jeunesse”

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Le Conseil présidentiel consacré à l’emploi des jeunes organisé récemment à Diamniadio est une bonne initiative, du moins dans la forme. C’est du moins l’avis d’Alioune Tine qui estime qu’il y avait une rupture entre les autorités et la jeunesse. Invité de « Jury du dimanche » d’Iradio, le fondateur Afrikajom Center et ancien président de la Raddho a rappelé la nécessité d’assister les jeunes.

Alioune Tine, quelle appréciation faites-vous du Conseil présidentiel sur l’emploi des jeunes initié par le chef de l’Etat ?

Je pense que l’initiative est bonne. Il y avait une véritable rupture entre le pouvoir et la jeunesse. Je pense que le mois de juin dernier, avec les pirogues qui partaient pour l’Europe, il y avait eu des centaines de morts sur les plages. Et comme je suis dans les réseaux sociaux, j’avais vu que les jeunes avaient demandé au pouvoir de décréter des journées de deuil. Le pouvoir ne l’avait pas fait et les jeunes eux même, avaient décrété des journées de deuil. Ensuite, on a vu la crise du mois de mars dernier. Les jeunes étaient massivement impliqués. La rupture entre les autorités et la jeunesse, elle était nette. Donc, je me dis que le président a fait de la métacommunication, une communication de rectification. Donc, c’était un rituel de reconnaissance mutuelle. Ils se sont expliqués et je crois que pour une première étape, c’était nécessaire. C’est physique, subjectif, c’est un contact.

Selon vous, qu’est-ce qui explique cette rupture ?

Nous avons quand même près de 17 millions d’habitants au Sénégal. Les 60% de la population sénégalaise, ce sont des jeunes de moins de 25 ans. Et la plupart du temps, sans perspective, sans avenir. Ils n’ont pas souvent de travail. Ce qu’on voit dans cette jeunesse, il y en a  certains qui se disent prêts à mourir, mais il faut déserter cet enfer. C’est un enfer, car vous ne savez pas quand vous allez travailler, fonder une famille, gagner votre vie. Donc, c’est d’abord l’immigration suicidaire. Ça, c’est une des voies de l’imaginaire des jeunes, pour leurs solutions et pour leur avenir. L’autre imaginaire, on le voit. C’est pour cela que c’est extrêmement important de se consacrer à la jeunesse. La plupart de cette génération, ce sont les mêmes que l’on trouve dans le Sahel, dans Boko Haram, au Mali, au Niger et ailleurs. C’est la même génération. Et la troisième génération et c’est mon analyse, c’est le Filimbi, Y’EN A MARRE qui restent et qui font la révolution. C’est une caricature, mais ce sont les trois types de jeunes. Si bien aujourd’hui, nous ne pouvons pas avoir des Etats qui fonctionnent. Et des sociétés qui fonctionnent en marginalisant et en excluant les jeunes. Ce n’est pas possible.

Pensez-vous qu’une telle approche peut résoudre le problème ?

C’était quand même intéressant. J’ai vu des filles entrepreneurs qui donnaient des exemples, parler de leurs problèmes, j’ai vu les handicapés, entre autres.  La plupart du temps, ce sont des gens marginalisés. J’ai suivi à la télé, comme que je diffusé une vidéo, les jeunes ont dit que « le jeune Alioune Tine était même là-bas ». Cela veut dire qu’il ne faut pas quand même que les jeunes se disent que les problèmes de la jeunesse et l’intérêt qu’on doit porter à l’emploi des jeunes, ça ne doit pas être que l’affaire des jeunes. C’est l’affaire de tout le monde. C’est bien de voir des jeunes, des vieux pendant cette manifestation. J’ai vu les « Jakartamen »et ça a discuté. Il y a eu une bonne séance d’explication. Maintenant le problème, ce n’est pas ça.

Concrètement, qu’est-ce qu’il faut pour résoudre cette question de l’emploi des jeunes ?

Certes c’était nécessaire d’initier cette rencontre, ce contact. C’était nécessaire cette écoute. Mais l’essentiel, c’est de résoudre le problème des jeunes de la manière la plus concrète. Il a parlé d’un plan pour les jeunes. Mais vous savez, on ne peut pas dire comme ça quand les gens sortent des réponses d’une salle de réunion que c’est la bonne réponse. Il est évident qu’entre les promesses, les propositions et leur application concrète, il y a quand même une distance. Moi je ne suis pas un spécialiste. Mais d’habitude, ce qui peut créer de l’emploi ici, c’est le secteur privé. Comment ils peuvent le faire ? Ceux qui ont aussi l’expérience, c’est-à-dire, nous avons créé une entreprise, on a commencé à travailler des PME. Je pense que ceux-là aussi, ce sont des gens qu’il faut voir comment il faut les aider pour renforcer.

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