Touba (Reportage) : L’eau, une denrée rare en cette période de Magal !

Cheikh Tidiane Sy Ndiaye et Vieux Ndiaye (envoyés spéciaux à Touba)

Le manque d’eau est un véritable casse-tête pour les pèlerins et les habitants de la ville sainte de Touba. De tous les horizons, plusieurs fidèles et sympathisants continuent d’affluer vers la capitale du mouridisme.

L’eau se fait rare à Touba. Comme presque chaque année à pareil moment, le liquide précieux demeure la denrée la plus prisée. Pour l’édition 2020 du Magal, éviter cette pénurie tant redoutée serait un miracle. A la veille du grand jour tant attendu, la situation est inquiétante. « Je n’ai jamais vécu une situation pareille. A notre réveil, ce matin, il n’y a pas un lieu où on n’est pas allé chercher de l’eau. En plus, il fait très chaud. Nous avons donc besoin de nous laver et de boire. On risque d’être déshydraté avec cette forte chaleur. Nous nous rendons actuellement à la Grande Mosquée et on ne s’est même pas lavé car, on n’a pas le choix. Tout cela à cause de cette pénurie »,  raconte le jeune Souleymane.

Les charretiers se frottent les mains

Ce pèlerin venu de la banlieue dakaroise tout en sueur peine à vivre cette situation. Il prie que le problème soit réglé avant la fin du Magal et  au bonheur de tous. Les populations ne peuvent pas attendre alors qu’elles ignorent la cause principale de ce « calvaire ». L’achat d’eau est devenu une alternative. Des charretiers transportent à longueur de journée des bidons d’eau. Un travailleur sous le sceau de l’anonymat indique que le problème est plus profond qu’on l’imagine. Il a toutefois accepté de donner les tarifs. « Nous vendons à 100 francs la bouteille de 20 l », informe-t-il.

Au siège du Comité d’initiative pour l’Eau de Touba, plusieurs camions citernes sont stationnés à l’intérieur. Ils sont chargés d’approvisionner certains endroits de Touba. Pour le responsable de la société, Pape Lo, cette eau sera distribuée gratuitement dans tous les coins de la ville. Dans son bureau climatisé qui contraste avec la canicule de l’extérieur, Pape est convaincu que tout va rentrer dans l’ordre avant la fin de l’événement. Dans l’enceinte,  un dispositif est aménagé pour permettre aux charretiers de récupérer l’eau et de la transporter. Pour sa part, Modou Fall, la trentaine et muni d’un carnet de reçu, chaque bidon est vendu à 80 francs et qu’il est revendu à 100 ou plus. C’est selon la distance.

Un de ses collègues affirme qu’il s’agit de commandes. Ce dernier sort de son petit sac noir une feuille sur laquelle plusieurs noms et adresses sont inscrits. Pour Pape Lô, il s’agit d’un problème d’aménagement. Il fait savoir toutefois que l’Etat a fait une promesse de mener une étude afin d’identifier le véritable problème. Il estime qu’à partir de ce moment, non seulement, il y aura un bon maillage, mais la question des pénuries sera entièrement réglée.

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