Me Massokhna Kane : « Quand l’école ne donne pas d’enseignement, elle ne peut pas exiger de paiement »

Par Yacine DIEYE

A quelques semaines de l’ouverture des classes, certains parents sont sous la pression des écoles privées qui exigent le paiement des mois perdus durant la période de Covid 19. Pour Me Massokhna Kane, président de SOS consommateur, il est illégal d’exiger la contrepartie d’un enseignement que l’on n’a pas donné.

Chantages, rétention des notes, refus de réinscription…..les parents dont les enfants sont scolarisés dans les établissements privés subissent le dictat de ces écoles. Ceux-ci ont refusé à des parents de réinscrire leurs enfants, au motif qu’ils doivent payer les trois mois de retard.  Ce que dénonce SOS consommateur.  Quand l’école ne donne pas d’enseignement, elle ne peut pas exiger de paiement. C’est un contrat bilatéral. C’est ce qu’on appelle un contrat synallagmatique », soutient Maître Massokhna Kane, sur les ondes de Zik FM.

Ce dernier estime qu’à défaut d’être remboursés, les parents qui avaient été obligés de payer doivent bénéficier d’un avoir. « Ils auront peut-être 2 ou 3 mois de scolarité qu’ils ne paieront pas parce qu’ils ont un crédit, un avoir dans l’école. Maintenant pour les parents pour lesquels les élèves sont partis, il faut les rembourser » a-t-il soutenu. SOS consommateur demande ainsi au ministre de l’éducation nationale de formaliser cette position dans une circulaire qui sera sous le contrôle des I.A (Inspections Académiques) et IF (Instituts Français).

Les parents n’ont qu’à faire une réclamation ou une plainte

Concernant les parents qui rencontrent des problèmes pour inscrire leurs enfants dans ces écoles privées (faute de payer les mois réclamés), ils sont invités à déposer une réclamation ou plainte auprès des autorités. Maître Massokhna Kane compte prendre en charge ces dossiers. «  Nous avons demandé aux parents qui se sont heurtés à la difficulté de savoir qu’on leur impose de payer ces mois- là pour la réinscription de leurs élèves. Ils n’ont qu’à faire très rapidement une réclamation ou une plainte adressée au ministre de l’Education nationale, sous couvert des inspections d’académie. Une fois qu’ils posent cette réclamation déchargée, qu’ils nous amènent une copie  afin qu’on puisse la prendre en charge. Je pense que les autorités ont la bonne volonté de régler ces problèmes. Donc, elles n’ont qu’à le faire », a-t-il indiqué.  

Chargé de la communication du ministère de l’Education, Mamadou Moustapha Diagne annonce une rencontre dans les prochains jours entre le ministre Mamadou Talla et les responsables des écoles privées pour trouver une issue heureuse à ce problème. Pour le directeur de la formation et de la communication du ministère de l’Education nationale,  un établissement ne peut se prévaloir le droit de se faire justice elle-même. Au cas échéant, il invite à saisir la justice, d’autant plus que l’Etat a consenti plus de trois milliards pour les soutenir.

« Si une école privée pense qu’un parent d’élève lui a porté tort pour n’avoir pas payé, il n’appartient pas à l’école privée de se faire justice. Je rappelle que les écoles privées ont reçu trois milliards  du Président de la République. Donc, elles ne devraient pas conduire cette pression sur les parents. Ce n’est pas acceptable. Dans tous les cas, d’ici quelques jours, le ministre de l’Education nationale recevra les responsables des écoles privées et il prendra les décisions adéquates » a fait savoir M.Diagne.

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