Dix-huitième anniversaire du naufrage du Joola : Une commémoration sous le sceau de la citoyenneté !

Par Yacine DIEYE

A quelques jours de la commémoration du dix-huitième anniversaire du naufrage du bateau le Joola, le comité d’initiative pour l’Erection du Mémorial-Musée le Joola a fait le point ce vendredi sur les activités programmées pour ce 26 septembre 2020. C’est dans cette mouvance que ledit comité appelle toute la nation à observer sur l’étendue du territoire une minute de silence et de prières pour rendre hommage aux victimes du naufrage. Le thème de la commémoration de cette année porte sur : « le comportement citoyen toujours en question, 18ans après le JOOLA ».

Le comité d’initiative pour l’Erection du Mémorial-Musée le Joola a tenu une conférence de presse ce vendredi 18 septembre en vue de dérouler leur programme consacré au naufrage du bateau le Joola. A l’instar des éditions précédentes, il n’y aura un changement majeur sur  les points auxquels l’organisation va se pencher.

Samsidine Aidara

 Samsidine Aidara, membre dudit comité et qui a perdu 4 frères et sœurs, estime qu’il y a certains points sur lesquels rien n’est encore fait. « Il y a plusieurs points sur lesquels rien n’a changé depuis plusieurs années. Nous parlons toujours des mêmes problèmes, de la prise en charge des orphelins, du renflement du bateau, de la question de mémorial Musée et du fait de faire 26 Septembre, une journée nationale du souvenir. Sur ces différents points, nous n’avons toujours pas satisfaction car, nous attendons encore que des choses plus concrètes soient réalisées avec une certaine bonne volonté » martèle-t-il.

Un mémorial Musée attendu à Ziguinchor et à Dakar

Le collectif demande un « mémorial musée » de Ziguinchor et sa duplication à Dakar. « Il y a, apparemment, des problèmes de terrains, qui semblent retarder le démarrage effectif des travaux à Ziguinchor, mais cela n’exclut pas pour autant la question du mémorial musée à Dakar. Dakar est un endroit où un mémorial musée y est indispensable et notamment à cette place du souvenir où il faudrait faire une place pour les victimes, d’y faire un centre de recherches sur la sécurité humaine. Nous attendons toujours un espace sur lequel on va édifier ce mémorial là et nous tenons à ce que cela soit fait afin que des leçons puissent y être tirées mais également pour pouvoir enseigner aux générations futures une partie certes bouleversante de notre histoire mais une partie de notre histoire qu’il ne faut pas qu’on oublie » a-t-il fait savoir.

La commémoration se fera autrement en cette situation de pandémie

Dans ce contexte de pandémie, le comité d’initiative veut ainsi participer à la lutte contre la maladie en évitant les attroupements et autres mobilisations sociales tout en assurant le devoir de mémoire face à la plus grande catastrophe maritime civile de l’humanité. Parallèlement, des dépôts de fleurs se feront comme d’habitude mais de manière symbolique en petits groupes dans les lieux comme les différents cimetières de Ziguinchor comme à Dakar et également à la place du souvenir. Des activités seront diffusées sur un site web, le diola.com. La plateforme dédiée va permettre de diffuser toutes les manifestations qui seront faites dans la journée du 26 septembre.

« On voit toujours des comportements similaires »

Orpheline de mère, Marine Kourouma dit avoir vécu beaucoup de frustrations car, il lui semble que les gens ont même oublié qu’il y a eu la plus grande catastrophe maritime du monde enregistré par le Sénégal. « Personnellement, je ne pense pas que les Sénégalais aient tiré des leçons du naufrage du Joola parce qu’on voit toujours des comportements similaires au naufrage » déplore la jeune femme.

Marine Kourouma

Elle estime qu’il y a une responsabilité individuelle et une responsabilité sociétale d’où le thème : « le comportement citoyen toujours en question 18 ans après le JOOLA » de cette année.

L’Etat doit continuer à prendre en charge mes pupilles de la Nation

La souffrance est toujours présente. Pape Oumar Fall ne dira pas le contraire. Ayant perdu son père dans cet accident maritime, il garde toujours la douleur de perdre un être chère.

Pape Oumar Fall

« J’ai perdu mon père lors de ce naufrage du Diola. C’est difficile l’idée de ne pas savoir où son parent est, de ne pas pouvoir y aller et lui faire des prières nous avons du mal à faire le deuil. Nous avons une douleur qui ne change pas et qui augmente tous les ans mais, nous admettons cette volonté divine. », dit-il. A l’en croire, l’Etat doit continuer à prendre en charge les pupilles de la Nation. Pour eux, c’est très difficile de libérer un enfant seulement à 18 ans. 

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